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News

Gabon: Réagir favorable à l’instauration d’une commission vérité et réconciliation au dialogue national.

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Le parti Réappropriation du Gabon, de son indépendance pour sa reconstruction (Reagir), a dernièrement relevé la nécessité d’établir une commission Vérité-justice-réparation-réconciliation lors du dialogue national. Cette démarche trouve ses racines dans la proposition préalablement énoncée par la présidente du Sénat de la Transition, Paulette Missambo, lors de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an au président de la Transition.

Paulette Missambo avait évoqué la création, pendant le dialogue national d’avril 2024, d’une commission intitulée Vérité, Justice et Réconciliation. Elle soulignait la pertinence d’une telle initiative en expliquant que de nombreux Gabonais voient cette période de transition comme une opportunité « d’éclairer notre histoire récente d’un jour nouveau. » Reprenant cette idée, le parti Réagir a officiellement exprimé son soutien à cette proposition le 26 janvier.

Guy Roger Aurat Reteno, président par intérim de Réagir, a souligné l’importance du tournant décisif pris par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) le 30 août 2023. Il a mis en exergue l’espoir suscité par cette prise de pouvoir tout en condamnant la tolérance aveugle, qu’il considère comme un vecteur d’anarchie et de souffrances passées. Aurat Reteno a averti que sans tirer les leçons du passé, le pays serait condamné à revivre les mêmes événements.

Réagir, qui a activement milité en faveur de l’alternance politique dans le pays et soutient la démarche du CTRI, se montre toutefois préoccupé par certaines dérives qu’il estime être de nature à compromettre la crédibilité et la légitimité de la période de transition. Le parti s’inquiète du potentiel retour des acteurs à l’origine de la mal-gouvernance générale et électorale, ayant conduit au coup d’État du 30 août 2023.

Pour Guy Roger Aurat Reteno, la proposition de Paulette Missambo tient d’une volonté de réconciliation, car, elle pourrait être un moment de pardon pour l’absolution «avant de potentiellement réhabiliter les acteurs qui sont à l’origine de la mal-gouvernance générale et électorale ayant conduit au coup d’État du 30 août 2023.» Il a averti contre un accaparement exclusif de l’espace politique, mettant en garde contre le retour des pratiques anciennes jugées inacceptables.

Economie

Gabon : Vie chère, une menace imminente sur l’assiette des ménages.

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Le Gabon se trouve actuellement au cœur d’une conjoncture économique délicate, accentuée par une inflation persistante qui menace le pouvoir d’achat des ménages. Cette réalité économique préoccupante s’inscrit dans un contexte de transition politique, où les attentes envers une nouvelle mire suscitent à la fois espoirs et interrogations quant à la capacité des citoyens à satisfaire leurs besoins fondamentaux. C’est dans ce cadre complexe que se dessinent les contours des défis économiques auxquels le pays fait face.

La flambée des prix révèle, pour le panier de la ménagère, une réalité économique alarmante. Les denrées alimentaires, pilier de la consommation, subissent des augmentations significatives, tandis que les coûts des produits de première nécessité et des services essentiels connaissent également une hausse très marquée. Cette situation met le pouvoir d’achat des ménages à l’épreuve, accentuant la pression financière sur des foyers déjà vulnérables.

Les variations du pouvoir d’achat, analysées en corrélation avec l’inflation, révèlent une tendance préoccupante à la baisse. Les conséquences financières se manifestent par un déséquilibre budgétaire croissant, forçant les ménages à réévaluer leurs priorités et à faire face à des choix difficiles. Nombreux se privent désormais plus qu’auparavant des deux repas journaliers, fragilisant un peu plus l’équilibre alimentaire des familles.

Mesures gouvernementales et leur efficacité.

Face à cette crise, le ministre de l’Économie et des Participations a lancé un appel à l’action le 5 février dernier, fixant un délai de 15 jours pour la proposition de solutions concrètes. L’annonce de ces mesures se fait toujours attendre. Il en va de même pour la nouvelle mire promise aux populations, mais qui tarde à être mise à la disposition de l’opinion. Les mesures de la Loi de Finances de 2024, comprenant des subventions évaluées à 91,4 milliards de francs CFA, visent à atténuer l’impact sur le bien-être de la population. Cependant, l’efficacité de cette mesure reste à évaluer, soulignant la nécessité d’une analyse continue pour garantir des résultats positifs.

Analyse des statistiques de contrôle et d’inspection.

Les actions de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) en janvier 2024, générant un montant global de 71 728 990 FCFA, dont 25 325 000 FCFA au titre des fraudes et infractions, dénoncent l’ampleur des pratiques frauduleuses contribuant à la hausse des prix. Dès lors, une intensification des missions sur le terrain devient impérative pour identifier et éradiquer ces fraudes, soulignant l’importance d’une coordination accrue entre les organes de contrôle.

Étude de cas : La Sobraga et son augmentation des prix.

La décision de la Société des Brasseries du Gabon (Sobraga) d’augmenter ses tarifs homologués le 1er janvier 2024 est intervenue dans un contexte économique marqué par la hausse des coûts des matières premières, de l’énergie et des transports. Les répercussions de cette augmentation sur les capacités financières des ménages au Gabon sont susceptibles d’être significatives.

L’élévation du prix de l’eau minérale, une boisson largement consommée, de 600 FCFA à 750 FCFA représente une augmentation de 25%. Cette hausse soudaine pourrait entraîner des ajustements budgétaires pour de nombreux ménages. Notamment, ceux avec des revenus fixes ou limités pourraient ressentir une pression financière accrue, ce qui pourrait les amener à réduire d’autres dépenses essentielles pour maintenir leur approvisionnement en eau minérale.

En outre, la question de la qualité de l’eau du robinet fournie par la Dame SEEG devient essentielle. Si cette alternative n’est pas perçue comme toujours potable, les ménages pourraient être confrontés à un dilemme difficile entre la nécessité de maintenir leur consommation d’eau en choisissant des produits plus chers ou en risquant des problèmes de santé en consommant une eau du robinet potentiellement non sécurisée.

Il est crucial que la Sobraga, tout en préservant sa rentabilité, prenne en compte les préoccupations des consommateurs. Des initiatives telles que des programmes de promotion, des remises spéciales ou des campagnes de sensibilisation sur la qualité de leurs produits pourraient atténuer les répercussions négatives sur la demande. Les autorités gouvernementales devraient également surveiller de près la situation pour garantir un équilibre entre les intérêts économiques des entreprises et la protection du pouvoir d’achat des citoyens.

Il y a urgence à donner une réponse structurée face à la crise de la vie chère au Gabon. La situation actuelle révèle une réalité économique alarmante, nécessitant une évaluation continue des mesures gouvernementales. L’intensification des actions de contrôle et d’inspection, conjuguée à une réflexion sur la responsabilité des entreprises, devrait être au cœur des stratégies pour garantir une stabilité économique durable et préserver le bien-être des citoyens gabonais. La crise actuelle est une opportunité cruciale pour repenser les politiques économiques et sociales afin de créer un environnement propice à la prospérité pour tous.

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Assemblée Nationale : Les députes de la transition devront renoncer à leurs mandats religieux, associatifs et politiques.

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Le récent amendement du règlement de l’Assemblée Nationale soulève des questions cruciales concernant les mandats et les engagements des députés de la transition. Alors que cette nomination visait à instaurer un équilibre politique au sein de l’organe législatif, les dispositions du nouveau règlement imposent des restrictions strictes quant aux mandats religieux, associatifs et politiques détenus par ces députés.

Cadre légal et contexte institutionnel.

La nécessité d’assurer la transparence et la redevabilité au sein des institutions publiques a conduit à l’adoption de mesures légales contraignantes, exigeant des agents publics la cessation de toute activité pouvant entrer en conflit avec leurs fonctions officielles. Le nouveau règlement de l’Assemblée Nationale s’inscrit dans ce cadre juridique plus large, énonçant clairement l’incompatibilité entre la fonction de député de la transition et tout autre mandat ou responsabilité publique.

Dès lors, les députés de la transition se trouvent désormais confrontés à un dilemme moral et pratique, « renoncer à leurs mandats religieux, associatifs et politiques ou bien risquer de contrevenir aux dispositions légales en vigueur ».

Conflit d’intérêts et gouvernance publique.

L’importance de prévenir les conflits d’intérêts au sein de la sphère publique ne saurait être sous-estimée. Les articles 64, 65, 66 et 67 de la Loi n°14/2005 du 8 août 2005 portant code de déontologie de la fonction publique établissent clairement les normes de conduite éthique et professionnelle attendues des agents publics. En imposant des restrictions aux mandats des députés de la transition, le nouveau règlement vise à garantir l’indépendance, l’impartialité et l’objectivité de leur exercice parlementaire.

Le nouveau règlement de l’Assemblée Nationale marque une étape importante dans la consolidation de la gouvernance démocratique et de l’état de droit. En imposant des restrictions aux mandats des députés de la transition, il témoigne de la volonté politique de préserver l’intégrité et la légitimité des institutions publiques. Cependant, son application soulève des défis pratiques et met en évidence des questions fondamentales quant à la représentativité et à la légitimité des acteurs politiques en période de transition.

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Culture

Culture: “J’ai fait ce sacrifice pour mon pays” dixit Magali Palmira Wora.

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Dans une lettre ouverte poignante en date du 26 février 2024 et publiée sur les réseaux sociaux, Magali Wora, ex Directeur général des Arts et des Industries Culturelles, expose les affres d’une nomination marquée par une absence totale de salaire pendant cinq mois. Le récit de cette malencontreuse situation jette une lumière crue sur les coulisses tumultueuses de l’administration gabonaise.

La première difficulté majeure évoquée par Mme Wora concerne le non-paiement de son salaire pendant cinq mois, dès sa nomination. Malgré ses multiples relances auprès de différentes instances, y compris le conseiller spécial chargé de la culture du Président, elle n’a pas obtenu de réponse favorable. « De ma nomination à la fin de ma prise de fonction, je n’ai perçu aucun salaire. Étant donné que je ne suis pas fonctionnaire, il me fallait signer un contrat de travail en statut de hors catégorie. À plusieurs reprises, j’ai fait remonter cette absence de salaire et de contrat de travail, à mon secrétariat général, à l’ancien directeur de cabinet du Ministre de tutelle et à mon ministre, à votre conseiller spécial chargé de la culture. J’ai même demandé audience auprès de votre cabinet privé et au secrétariat de la présidence. Aucune suite concrète ne m’a été donnée.», écrit – elle.

Cette situation a contraint l’ex directeur général à investir ses propres fonds pour maintenir le bon fonctionnement de la Direction Générale, allant jusqu’à l’acquisition des fournitures nécessaires, du papier à l’équipement de bureau. « J’ai investis mes fonds propres dans le fonctionnement de cette direction générale de plus de 90 agents. J’ai dû régulièrement acheter les fournitures de bureau, notamment les rames de papier, une imprimante, le mobilier, les encres, les produits d’entretien et tellement d’autres choses afin d’assurer le bon fonctionnement de la direction», souligne-t-elle.

L’absence persistante de budget, malgré ses demandes répétées au ministère, a entravé son engagement et son dévouement envers son pays. « Chaque fois que j’ai fait remonter ces besoins au secrétariat du ministère il m’était répondu qu’il n’y avait pas de budget et que nous devions faire le sacrifice en attendant le budget 2024. J’ai, donc, fait ce sacrifice, pour mon pays », peut – on lire sur sa page Facebook.

Une autre révélation fracassante concerne l’organisation du « Concert de la Libération » le 31 décembre 2023. Des désaccords sur la gestion du dossier ont émergé, et bien que Magali Wora ait décidé de se retirer de la gestion, des pressions ont été exercées  sur elle pour signer des contrats artistiques sans en connaître l’essence. « J’ai décidé de me retirer de la gestion de ce dossier le 29 décembre 2023 et j’ai laissé l’entière gestion au cabinet du ministre. En effet, un titre ne m’enlève pas mon éthique. La hiérarchie m’a tout de même « exigé » de signer les contrats avec les artistes. Et j’ai poliment refusé ” révèle-t-elle. […]A huit clos, mon autorité de tutelle m’a fait comprendre qu’il serait dans mon intérêt de coopérer et que si je ne le faisais pas il le ferait remonter au Président et des conséquences s’en suivraient. Je suis restée sur ma position et j’ai établi un rapport que j’ai fait déposer chez votre conseiller spécial en charge de la culture et à votre cabinet privé », révèle – t – elle.

Aujourd’hui, elle sollicite l’intervention du Président pour le règlement de ses cinq mois de salaires impayés. Elle réaffirme sa disposition à servir son pays avec respect et dévouement, malgré les nombreux obstacles rencontrés. «Je considère comme un honneur d’avoir pu être au service de mon pays sous votre administration, durant cette période charnière de transition où Dieu nous donne l’opportunité de faire mieux que nos prédécesseurs ». 

Cette lettre ouverte, rédigée avec une sincérité palpable, appelle à une enquête approfondie sur les situations scabreuses dénoncées par Magali Wora et souligne l’importance d’une gestion transparente et équitable au sein du Ministère de la Culture. Nous attendons avec impatience la réaction du Président face à cette affaire qui pourrait avoir des répercussions majeures sur la réputation du ministère et la confiance du public envers les institutions culturelles du Gabon.

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